En un chiffre : une cigarette dans l’océan c’est 500 litres d’eau pollués. On pourrait s’arrêter là pour envisager l’impact environnemental des mégots de cigarette, mais il n’en ait rien. Que ce soit par ses substances ou sa composition, les cigarettes restent aujourd’hui le premier pollueur des océans. 

La nocivité de la cigarette sur tous ses aspects

On estime que dans le monde, c’est 137 millions de mégots qui sont jetés par terre chaque jour. Parmi eux, 40% se retrouvent dans l’océan. Toxique sur de nombreux aspects, la cigarette est le premier pollueur des océans. Composée de centaines de substances nocives voire cancérigènes, les impacts d’une seule cigarette qui finit dans l’océan sont divers et colossaux. 

Pour un seul mégot jeté dans l’océan, c’est 500 litres d’eau qui sont contaminés. Une seule cigarette contient près de 4000 substances chimiques, dont la nicotine, le phénols, des métaux lourds, mais aussi du goudron. Ces composants sont d’une nocivité extrême pour la faune et la flore marine. En 2011 l’université de San Diego a d’ailleurs mené une étude sur les impacts de cette pollution marine sur les poissons. Les résultats de cette étude montrent qu’un seul mégot peut faire périr la moitié des poissons se situant dans un litre d’eau. Une autre étude de NBC News montrait par ailleurs que des traces de substances chimiques étaient retrouvées dans 70% des oiseaux marins et 30% des tortues marines. Cette pollution chimique est un véritable fléau pour la préservation de la biodiversité marine, mais elle n’est malheureusement pas le seul problème induit par les mégots de cigarette. 

Si à leur texture on pourrait penser que les cigarettes se dégrade facilement dans la nature, il n’en est rien. Le filtre des cigarettes, qui correspond à l’embout, est en réalité composé de plastique. L’acétate de cellulose est une matière destinée à retenir les substances chimiques de la fumé de cigarette, et met une dizaine d’année à se dégrader. Ce filtre qui, en réalité, ne présente aucune protection pour la santé des fumeurs se révèle être un composant notoire pour l’environnement. 

La cigarette est aujourd’hui le détritus le plus présent sur les plages du monde. On estime qu’une personne qui fumerait 1 cigarette par jour pendant 50 ans aura indirectement utilisé 1,4 millions de litres d’eau [Imperial College London]. Pour pallier à désastre écologique majeur que présente la cigarette, de nombreuses associations, entreprises et collectivités ont élaborés de nombreuses mesures et projets innovants.

Des rassemblements citoyens et collectifs pour faire avancer les choses … mais des politiques en retrait

Face à ce phénomène, de nombreux collectifs citoyens se mobilisent pour créer des journées de nettoyage des plages, où les mégots comme les autres déchets sont ramassés. Des entreprises des territoires se mobilisent également pour donner une seconde vie à ces mégots, c’est le cas de l’entreprise bretonne MéGo! qui s’est spécialisée dans le recyclage de ces déchets, elle propose du mobilier urbain, solutions de PLV et autres objets de la vie du quotidien pour la seconde vie de ces déchets. Lors de sa collecte, l’objectif aussi est d’offrir une solution ludique et préventive contre le pollution des mégots sur le sol par des cendriers originaux et préventives. De nombreuses autres administrations se sont inspirées de ce phénomène pour faire de la prévention à leur tour, c’est le cas par exemple des cendriers de vote dans les universités. 

Source :  l’Hebdo du Vendredi

Dernièrement, certaines mairies ont aussi voté un arrêté municipal pour interdire les cigarettes sur les plages, sous peine d’amende. 

Malheureusement, mener le combat à la source est bien plus compliqué. L’association activiste Cigarette Butt Pollution Project a milité pour faire interdire l’usage des filtres à cigarette aux États-Unis et à travers le monde, mais les lobbies du tabac, soutient financier important aux campagnes présidentielles, sont encore trop puissants dans de nombreux pays.