A l’occasion de la journée mondiale de l’océan le 9 juin 2019, l’association PETA en collaboration avec Natura Sciences a mis l’accent sur la pollution marine, et plus particulièrement sur celle liée aux filets de pêche. En effet, la commission européenne dévoilait en 2019 que 27% de la pollution plastique marine provenait du matériel de pêche (contre 0,03% pour les pailles en plastique), et 46% des déchets flottant composant l’îlot de déchets du Pacifique Nord sont des filets de pêche selon The Ocean Cleanup. On peut également citer les « matériels fantômes » que constituent les dispositifs de pêche placés dans les fonds marins. 

Les associations protectrices des océans ont salué les récentes actions politiques visant à interdire la vente de certains objets plastiques à usage unique, cependant, elles les encouragent également à mieux encadrer la pêche pour limiter les dégâts sur la faune et la flore marine. 

En effet, une étude menée par Sea Shepard publiée en 2019 a montré que c’est 330000 baleines et dauphins tués chaque année. D’après l’association, 2019 fut l’année critique avec 1200 échouages entre janvier et avril. Les raisons sont nombreuses : collisions avec des engins de pêche, piégés dans les filets dédiés à la pêche de poissons, etc. Pour alerter l’opinion publique une action a été menée  le 14 janvier 2020 au Trocadéro où les militants ont déposés deux cadavres de dauphins échoués sur les côtes françaises, avec une affiche sur laquelle on pouvait lire « Des milliers de dauphins comme celui-ci sont massacrés chaque année en France pour que vous mangiez du poisson ».

La prise en charge de ces déchets est effectivement très problématique. Quand ils ne sont pas abandonnés dans l’océan, la plupart sont envoyés à l’étranger où ils finissent enterrés ou incinérés. Pourtant, il existe aujourd’hui plusieurs façons de recycler ces filets usagés. 

Plusieurs objets du quotidien peuvent être ainsi crées à partir de filets de pêche, tels que des skateboard, des tapis de voitures, et même du Nylon de 6 et polymères. C’est d’ailleurs en premier lieu les entreprises locales qui s’engagent à recycler ces déchets. Pour le cas de la Bretagne on peut citer Fil & Fab qui depuis 2015 design des objets de la vie quotidienne comme des luminaires, du mobilier avec des plaques de plastiques issus des filets de pêche usagés directement récupérés du port du Conquet et de ses alentours. 

Une autre alternative de seconde vie à ces vieux filets de pêche n’est autre que la production de vêtements. On peut citer une entreprise pionnière dans le domaine : Ecoalf. Créée en 2010, cette entreprise madrilène s’est inspirée de la conception de vêtements produits à partir de déchets plastique en utilisant ceux polluant les mers. Une autre entreprise, Hopaal, qui fabrique des maillots de bain à partir de ces filets explique qu’avant d’être transformé en vêtements, les déchets sont transformés en fils puis en tissu. Pour fabriquer des maillots de bain, il y a une sélection des déchets pas type de plastique, puis une transformation de ces derniers en granulés jusqu’à en faire des fils adaptables en maillots. 

Ces actions collaboratives sont d’autant plus importantes qu’aujourd’hui les scientifiques estiment que la part des activités marines dans la pollution plastique des océans s’élève à 20%. On espère donc la mise en place de nouvelles réglementations et des politiques de soutien à ces nouvelles formes de recyclage.