L’histoire du Néoprène

La technologie Néoprène, développée par Wallace Carothers de l’entreprise Dupont Nemours, a fait son apparition en 1934. Elle avait pour vocation à répondre à la montée des prix lors de la crise du caoutchouc dans les années 20. Intégré aux combinaisons de surf dans les années 50 par O’Neill, le Néoprène est aujourd’hui présent dans la majorité d’entre elles. Il bénéficie en effet de plusieurs atouts dont la souplesse, l’isolation thermique, la résistance aux usures, et le prix, car il est moins onéreux que le caoutchouc naturel. Il existe de Néoprène : celui à base de combustibles fossiles dérivés du pétrole, et celui à base de calcaire. Malgré des méthodes qui peuvent diverger au début du processus, une fois la matière première obtenue, les transformations réalisées pour obtenir le Néoprène sont sensiblement identiques.

L’empreinte écologique de sa fabrication

Il s’agit en effet de réaliser plusieurs transformations chimiques. Sa production émet également une quantité de dioxyde de carbone (CO2) importante lors des phases d’extraction et de transformations de la matière première. Le processus de collage émet également des Composés Organiques Volatives (COV), ce qui pollue l’air. De plus, la matière finale obtenue n’est ni renouvelable, biodégradable ou recyclable. La fabrication du Néoprène n’est donc pas un procédé très écologique, et bien que la méthode dérivée du calcaire est un peu moins polluante, son prix est beaucoup plus cher. Il existe cependant aujourd’hui des alternatives au Néoprène pour la fabrication des combinaisons de surf avec des performances tout aussi remarquables.

Des alternatives plus responsables et tout aussi performantes

De nombreuses marques ont investis en recherche et développement pour créer des substituts au Néoprène issue du pétrole. La deuxième solution présentée au dessus – consistant à la transformation de la roche calcaire – est la plus communément utilisée comme alternative. L’usage du Limestone (roche calcaire) est une technique adoptée par plusieurs marques de surf se voulant plus eco-friendly tels que Srface ou Deeply. Cependant cette solution n’est pas renouvelable car le processus de transformation en Néoprène émet d’importantes quantités de Co2. Une deuxième alternative, utilisée entre autres par Patagonia, Picture Organic Clothing, Söoruz et Sen No Sen est le Naturalprene. Développée par Patagonia et Yulex en 2008, ce caoutchouc naturel conçu à partir du latex d’Hévéa, est aussi résistant que le Néoprène classique et à la particularité d’être hypoallergénique. Cependant, ce caoutchouc naturel n’est renouvelable qu’à condition que la culture de ses plantations soit durable, et ne crée pas de déforestation. Si cette condition est respectée, le Naturalprene permet de réduire jusqu’à 80% d’émissions de CO2 comparé au procédé classique. Enfin, l’Eicoprene est une mousse composée à 70% de calcaire et 30% de pneus recyclés. La marque française Picture Organic Clothing a lancé en 2019 une collection de combinaisons de surf conçues à 90% de cette matière. En plus d’être plus écologique, elle permet également à la marque une alternative bon marché qui ne pénalise pas le consommateur final. Sa composition reste cependant soumise à la même problématique que le Limestone. Pour finir, il est important de noter que certaines initiatives sont adoptées en parallèle, comme l’usage de bouteilles en plastique recyclées pour les doublures en polyester, et de colles à base d’eau, et non de solvants.